Raid Vosgien et grande traversée du Jura (2018)

De Wissembourg (Bas-Rhin) à Artemare (Ain) : 780 km avec un D+ de 12700 m, 18 cols en 6 étapes

20180609 01 groupe au departAprès avoir traversé les Pyrénées, les Alpes, le Vercors puis le Massif Central, je souhaitais organiser la traversée des deux derniers massifs montagneux français à savoir les Vosges et le Jura. Ces randonnées sont accessibles sur le site de la FFCT. La préparation m’a occupé tout le mois de novembre 2017 pour tracer le parcours et définir les étapes puis la recherche des hôtels et la logistique. Le groupe est composé de 8 cyclos dont 2 femmes et d’un copain « assistaneur », chargé de nous suivre et de nous préparer un léger repas froid le midi.

 

20180609 02 paysage massif vosgienNous sommes partis en minibus le samedi 9 juin 2018 pour arriver, en fin d’après-midi, à Wissembourg, petite ville frontalière avec l’Allemagne et point de départ de notre périple. Malgré les prévisions météo alarmantes quant aux orages, l’ambiance est excellente et chaque cyclo est en forme car, depuis le début du mois de mars, nous avons fait une préparation avec, chaque semaine, des parcours à la journée d’une distance de 140 à 170 km et un D+ moyen d’environ 1500 m.

RAID VOSGIEN

Dimanche 10 juin - étape Wissembourg-Obernai : 162 km et D+ de 2186 m et 3 cols.

20180609 04 vacheSous un ciel gris mais pas menaçant, dès le départ, le premier col nous attend, le col du Pigeonnier d’une longueur de 6 km avec une pente moyenne de 6%. Ensuite, se succèdent, sur des routes calmes et tranquilles, les petits villages alsaciens typiques, colorés et fleuris de géraniums et si bien entretenus ; l’Alsace c’est beau, propre et bucolique. Un deuxième col se profile puis une belle descente vers Lutzelbourg, où se situe un plan incliné (ascenseur à bateaux) destiné à remplacer 17 écluses sur le canal de la Marne au Rhin. Après une pause déjeuner d’une heure, nous repartons sous le soleil et montons vers le rocher de Dabo, lieu touristique au cœur du massif des Vosges. Dans la descente du col de Valsberg, nous pénétrons dans une contrée magnifique surnommée « la Suisse Alsacienne ». La fatigue se fait sentir lors de l’ascension du col des Pandours (altitude 662 m) aux pentes rudes et aux forts pourcentages. L’arrivée à Obernai est appréciée car cette petite ville très touristique est sublime avec ses vieilles maisons alsaciennes bien conservées. Le repas du soir est entièrement constitué des célèbres « flammekueche », des tartes flambées salées ou sucrées arrosée d’un bon vin d’Alsace.

Lundi 11 juin - étape Obernai-Col du Calvaire : 88 km et D+ de 2330 m et 7 cols !.

20180609 07 montee du ballon d alsaceCette étape, volontairement courte à cause du dénivelé prévu, commence sous un ciel gris et menaçant. Depuis Obernai, une longue ascension de 24 km et un D+ de 910 m avec des pourcentages de 4 à 9 % nous amène au col du Champ du Feu à une altitude de 1100 m. Nous ne nous attardons pas car le ciel est noir et effectivement dans la descente, un violent orage s’abat et nous arrivons trempés auprès de notre fourgon dans un endroit abrité pour la pause-déjeuner et un changement de tenue cycliste ! Nous repartons avec une légère pluie qui ne nous quittera pas jusqu’à l’arrivée. Après Sainte Marie aux Mines, nous attaquons l’ascension, longue de 16 km, de plusieurs cols, le col de Fouchy, le Pré des Raves à 1005 m d’altitude, les Bagenelles, le Bonhomme et enfin l’arrivée au col du Calvaire dans le brouillard et une certaine fraicheur. Cette étape, terminée dans le département du Bas-Rhin, a été l’occasion d’admirer les superbes paysages de la route des crêtes avec de chaque côté, les versants vosgiens et alsaciens. L’hôtel est situé à 1134 m d’altitude ; c’est un lieu isolé et les chambres, tout comme l’hôtelier sont « rustiques »…

Mardi 12 juin -: Col du Calvaire-Etupes : 148 km et D+ de 2088 m et 5 cols.

20180609 05 patrick haut d un col VosgienDernières étape du raid Vosgien avec, au départ, 45 km sur la route des crêtes et le soleil est revenu.
Les paysages alternent des champs cultivés et des pâturages et bien sûr la vue sur les vallées vosgiennes. Les cols de la Schlucht, d’Hannenbrunnen s’enchainent mais sans difficulté car nous naviguons à une altitude de 1100 m. Un dernier effort et nous atteignons le plus haut sommet du massif Vosgien, le grand Ballon situé à 1322 m, avec une vue extraordinaire car la vue est dégagée. La longue descente nous amène à Willer-sur-Thur terme de notre arrêt du midi. Il faut repartir pour gravir sur 7 km le col du Hundsruck puis redescendre et attaquer la très longue et difficile ascension du Ballon d’Alsace, d’une longueur de 20 km, avec des pourcentages situés entre 6 et 9 %, qui font « mal aux pattes ». La fatigue accumulée est accentuée par la température élevée due au retour du soleil. Après la descente, s’ensuit une série de petites bosses dans le paysage campagnard du territoire de Belfort et nous atteignons enfin Etupes, terme du raid Vosgien.

 

Cette superbe traversée du massif Vosgien a été difficile mais est compensée par la beauté des paysages, la traversée des villages alsaciens et l’itinéraire suivi sur des belles routes peu fréquentées.

GRANDE TRAVERSÉE DU JURA

Mercredi 13 juin - étape Etupes-Morteau : 115 km et D+ de 2526 m et 1 col

20180609 06 patrick dans le JuraLe soleil est présent mais il fait assez frais et ce sera comme cela jusqu’à la fin de cette traversée du Jura. L’itinéraire longera une grande partie de la frontière Suisse. Après 3 étapes de moyenne montagne, nous sommes encore en forme et prêt pour ce périple qui commence par une série de bosses et de montées et descentes sur une cinquantaine de kilomètres. Le paysage assez sauvage du Jura est bucolique avec les plateaux où paissent les vaches d’alpage reconnaissables au son de leur cloche. Les villages sont peu nombreux mais joliment arborés et propres ce qui nous rappelle l’Alsace. Au km 63, nous attaquons la montée assez facile (9 km, D+ 400 m) du col de la Vierge, culminant à 962 m d’altitude. L’après-midi, nous roulons sur le plateau jurassien et les petites routes sont une succession de petites montées et faux-plats qui nous fatiguent. Vers 18h, nous atteignons Morteau, capitale de la saucisse, fourbus au vu du dénivelé positif de la journée. Les hôteliers sont très accueillant et le repas est servi avec au menu la fameuse succulente saucisse.

Jeudi 14 juin - étape Morteau-Morez : 122 km et D+ de 1278 m et aucun col.

20180609 10 repas a morteauAprès une nuit reposante au vu de la difficile journée d’hier, cet étape s’annonce moins dure et sans aucun col à gravir et le dénivelé devrait être raisonnable. Dés le départ, une montée très rude avec un fort pourcentage nous attend et heureusement ce sera la seule grosse difficulté de la journée car ensuite, par une petite route, nous atteignons Pontarlier, belle ville presque frontalière de la Suisse, avec un beau et pittoresque centre-ville. En sortant, nous admirons le château de Joux, construit par Vauban et qui a servi de prison d’état, entre autre, pour Mirabeau et Toussaint Louverture, l'initiateur de l'abolition de l’esclavage et de l'indépendance d'Haïti, première république noire. Puis, nous longeons, sur une dizaine de kilomètres, le lac de St-Point, réserve naturelle très touristique. La pause de midi sera au petit village de Mouthe, bien connu pour être l’endroit le plus froid de France mais pas ce jour là car il fait 30 degrés au soleil ! L’après-midi se passe tranquillement sur des toutes petites routes où sur la gauche nous longeons les vallées de la Suisse ; le paysage est beau mais presque toujours pareil avec des pâturages et des petites forêts. Nous atteignons Morez, terme de notre étape et capitale de la lunette, par une toute petite route longeant une voie de chemin de fer peu empruntée.

Vendredi 15 juin - étape Morez-Artemare : 142 km et D+ de 2230 m et 2 cols

20180609 08 patrick en souffranceLe moral est bon, les jambes moins pour la dernière étape qui commence comme d’habitude par une montée très douce longeant les gorges de la Bienne. Puis après une succession de faux-plats, nous attaquons, à Mijoux, la montée régulière du col de la Faucille (8,5 km, D+ de 400 m) que nous atteignons vers 11h à l’altitude de 1320 m. S’ensuit une très longue descente pour rejoindre Bellegarde où nous déjeunons à l’ombre tant le soleil tape fort. Après un repas froid frugal, une montée très rude de 14 km, aux forts pourcentages (7% de moyenne) nous épuise pour atteindre enfin le col de Cuvery à 1181 m d’altitude après avoir gravi un D+ de 814 m. Nos efforts sont récompensés par une très longue descente de 35 km où de magnifiques paysages s’offrent à notre vue. Nous atteignons vers 16h Artemare, terme de notre grande traversée du Jura où nous dégustons quelques bières très attendues.

 

20180609 09 paysage jurassienLe Jura est un beau massif de moyenne montagne, pas très peuplé et très agricole et dont la traversée nous a beaucoup plu car les routes étaient peu fréquentées et avaient un bon revêtement.

 

Ces deux périples concluent la traversée des différents massifs montagneux français que j’ai effectués chaque année depuis 5 ans. Je conserverai de merveilleux souvenirs et cela m’a permis de forger de solides amitiés. J’espère que ce récit donnera l’envie aux cyclos du VCMB de se lancer dans de tels périples en montagne car c’est à la portée de beaucoup à la condition qu’un solide entrainement en amont soit effectué.

Patrick GRÉGOIRE (vcmb groupe 3)

20180609 11 vcmb joel desroches patrick gregoire  20180609 03 plan incline

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